Claire et le champs des possibles

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Portrait d’une future agricultrice

– Claire- Quand j’ai rencontré Claire Lasserre, il y a deux ans, elle conduisait un camion épicerie ! Elle allait dans la périphérie Bordelaise proposer les produits bio qu’elle avait selectionnés chez des producteurs locaux. Venant de créér cette activité, elle avait déjà en tête un autre projet : s’installer en agriculture et elle cherchait à acquérir un terrain. Après des études d’ingénieur agricole, elle a d’abord travaillé une dizaine d’années dans une entreprise de paysagisme .

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« Ayant vécu toute ma jeunesse à l’orée d’une forêt ,

j’ai pris le virus ! »

 

 

 

 

 

 

 

Le champs

Cet été elle m’a annoncé : «  Ca y est, on a trouvé un champs ! 3 ans 1/2 de recherche pour trouver un terrain ! ». A cette phrase de Claire, je comprends son excitation et son enthousiasme, l’acquisition du terrain est le début des possibles, le socle qui permet le passage du projet à la réalisation. Alors aujourd’hui, je suis allé lui rendre une petite visite dans son champs des possibles qui est une prairie de 8 Ha légèrement vallonnée avec quelques chênes plus que centenaires, les enfants de Claire ont déjà pris possession des lieux en construisant des cabanes sous les grands arbres.Avec l’aide des voisins qui ont proposé leur tracteur pour planter les piquets, Claire a commencé par clôturer la prairie. Pour contenir l’entrée des gros animaux le grillage est enterré à 30 cm sur 600 m linéaires.

Claire savait déjà qu’elle avait besoin de retrouver de l’indépendance et avait envie de construire une vie plus proche de la nature. A la mort de son père, elle prend conscience de sa responsabilité de mère  devant «  protéger sa famille et assoir des fondations solides, viables et équitables pour cette famille et son entourage », ce sont ses mots. C’est comme ça qu’elle explique la naissance progressive et réfléchie de l’idée : créer un jardin cueillette paysagé, agroécologique orienté sur les fruits. Chaque mot a son importance. « Nous allons mettre en place une production fruitière diversifiée avec des productions annexes pour stimuler l’équilibre agronomique et esthétique de l’exploitation ».

Les possibles

J’interroge Claire sur les étapes de son installation. En fin d’année 2016, il y aura la partie administrative avec le passage devant une commission de son dossier qu’elle a monté avec la chambre d’agriculture. Sur le plan cultural, il y aura une première étape,dans l’hiver,de remise en état des sols par apport de compost qui permettra une correction de l’acidité et la relance de l’activité du sol comme écosystème. Le terrain situé près de Créon  à St Genès de Lombaud a reçu l’agrément bio car il n a pas été cultivé depuis plus de trente ans. En mars 2017 viendra la deuxième étape de la préparation des buttes et des bacs à plantation des fraisiers. L’objectif est de démarrer courant 2017 la production de fraises et le démarrage des poules pondeuses de race Lohman et Marans. A moyen terme le verger sera planté de pommiers, poiriers, figuiers et pruniers. Claire et Martin ont prévu les emplacements de chaque activité et de chaque culture en fonction de la triple contrainte de la nature du sol, de l’ergonomie et de l’aménagement esthétique et paysager du lieu.

Pour la vente des produits de la ferme, Claire a prévu la vente en cueillette libre directement par les clients, c’est le concept du jardin cueillette et une partie sera distribuée en AMAP et marchés locaux.

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« L’image du chêne protecteur et bienfaisant qui étire son houppier offrant une zone de réconfort et de sécurité autour de lui est celle que j’aimerais transmettre au quotidien. »

 

 

 

 

 

Je demande à Claire si il y a des gens ou des livres qui l’ont guidé pour avancer. « Comme j’étais abonnée à Kaizen (le magazine en lien avec Colibri, le mouvement du philosophe et agronome pierre Rabhi) la lecture de quelques articles sur ce magazine a également été un élément déclencheur : savoir que des personnes ont fait des choix forts, qu’ils les ont assumés et qu’ils ont réussi à changer de vie pour être plus heureux et en adéquation avec ce qui devrait être une vie respectueuse sur Terre m’a beaucoup fait réfléchir sur ma propre vie.

Nous devenons plus sages en vieillissant grâce à d’autres rencontres humaines. C’est pour moi l’élément le plus important : les échanges humains. Je suis très inspirée par la démarche des territoires en transition, par le courant agronomique qu’on appelle la permaculture, en plus du «  manuel de la culture maraichère de Paris au 19ème siècle » à ma lampe de chevet, il y a un tas d’autres bouquins autour du thème de l’agriculture et de l’agronomie et de la forêt (j’en ai trop !) »

Merci Claire, à bientôt, je reviendrai photographier les poules en 2017!

 

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